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Affichage des articles du 2025

[1835] Le Pin kauri

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Durant son séjour en Nouvelle-Zélande, Darwin eut l'occasion d'admirer le Pin kauri ( Agathis australis ). Il dédie même une demi-page à ce Conifère dans son " Voyage d'un naturaliste autour du Monde " ! Cette espèce de résineux, qui peut atteindre plus de 50 mètres de hauteur, est endémique au Nord de l'archipel. L'épaisseur de son tronc peut dépasser les 5 mètres, et la lente croissance de son bois a permis d'estimer que les plus vieux arbres dépassent l'âge canonique de 2000 ans. L'exploitation forestière du Pin kauri débute en 1820 et devient rapidement une entreprise aussi rentable qu'intensive. Le bois sert à la construction de navires et de maisons, mais aussi de bois de chauffe. La Royal Navy organise dès 1840 son exportation massive vers l'Angleterre. La résine de kauri est également récoltée, et l'ambre fossilisée sert en joaillerie ou pour produire des vernis. Son exploitation est donc particulièrement active en 1835 al...

[1835] Départ de Nouvelle-Zélande

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Le 26 décembre 1835, Darwin et M. Sulivan effectuent une dernière excursion dans les terres en compagnie de M. Busby. Cette ultime rencontre avec les Maoris ne va guère changer l'opinion de Darwin. Non seulement la société patriarcale décrite écrase littéralement la femme, mais les mœurs esclavagistes le répugnent plus que tout. Notons deux anecdotes. Un chef local a mis à mort une de ses épouses pour adultère. Il s'étonne que le missionnaire local lui en fasse le reproche, persuadé d'avoir agi selon les lois anglaises. La fille d'un chef est récemment décédée. Nul doute que ce dernier célèbre dans ses funérailles son rang et non son enfant. Les vieilles femmes du village sont tenues de se scarifier tous les jours en signe de deuil. Ces exemples, fort peu engageants de la civilisation Maori, n'ont comme de coutume chez Darwin peu de neutralité dans leur report ethnographique. Notre jeune naturaliste se permet de nombreux commentaires méprisants, considérant comme à...

[1835] Noël en Nouvelle-Zélande

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Les journées du 24 et 25 décembre 1835 comptent pour le dernier Noël du Voyage de Darwin ! Ce n'est pas sans une pointe de satisfaction que notre jeune homme ouvre son Journal de Bord par un bref résumé des Noël passés : «  Nous avons passé notre premier Noël à Plymouth ; le deuxième dans l'Anse de Saint Martin près du Cap Horn ; le troisième à Port-Désiré en Patagonie ; le quatrième à l'ancre sur la presqu'île de Tres-Montes ; celui-ci, le cinquième, ici, et le prochain, la Providence, j'en suis sûr, nous le fera passer de nouveau en Angleterre  ». Ces deux jours sont avant tout consacrés aux messes, comme le veut la tradition chrétienne. Darwin et le Capitaine FitzRoy étant à terre en compagnie de Mr. Busby, nous n'avons guère d'information sur le Noël de l'équipage du HMS Beagle . Notre jeune naturaliste a bien occasion de visiter les forêts alentours, s'étendant avant tout sur les essences d'arbres présentant un intérêt commercial. A vrai d...

[1835] Terrain miné en Nouvelle-Zélande

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Le 23 décembre 1835, Darwin et le Capitaine FitzRoy rencontrent James Busby, le Représentant officiel de Sa Majesté le Roi Guillaume IV en Nouvelle-Zélande. Ce personnage historique, artisan de la confédération des Tribus unies de Nouvelle-Zélande, joua un rôle crucial dans l'histoire de l'archipel durant la première moitié du XIXème siècle. Si Darwin tint un rôle des plus modestes dans cette grande fresque océanienne, il fut co-auteur avec le Capitaine FitzRoy d'un article intitulé «  A letter, containing remarks on the moral state of Tahiti, New Zealand, &c  » publié en 1836 dans la revue South African Christian Recorder et dans lequel les deux personnages défendent le bilan des missionnaires britanniques sur ces îles du Pacifique. Le regard de Darwin, confié à son Journal de Bord puis rapporté dans son Voyage d'un Naturaliste autour du Monde , s'inscrit donc plutôt dans un jugement moral et politique que dans une étude ethnographique et scientifique. Gravur...

[1835] Premières impressions de Darwin sur les Maoris

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Le 22 décembre 1835, Darwin s'offre une promenade dans les forêts et la lande de la Baie des Îles. Le paysage sauvage et les vastes boisements lui rappellent Chiloé. Mais plus intéressant encore, le paysage révèle des traces de terrassements. Le site visité n'est autre qu'une ancienne forteresse Maori, que Darwin en compagnie du Révérant Williams s'empresse de visiter. Les tribus autochtones entretiennent un rapport particulier avec l'art guerrier. Darwin n'en effleure qu'une faible portion, se basant sur des histoires pittoresques rapportées par les missionnaires. En réalité, ces successions de conflits et leurs rites guerriers déconcertants pour notre jeune britannique révèlent une société complexe, en pleine mutation depuis les premiers contacts occidentaux. Comme toujours, les colons apportent leurs vices : prostitution, alcoolisme, paupérisation, la richesse des élites Maori n'est qu'un leurre face à la décrépitude sociale qui s'annonce. B...

[1835] L'arrivée du HMS Beagle en Nouvelle-Zélande

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Le 19 décembre 1835, le HMS Beagle arrive en vue des côtes de la Nouvelle-Zélande. Au 21 décembre, le brick-sloop se trouve dans la Baie des Îles, à l'extrême Nord de l'île du Nord, dans la région de Northland. Difficile de faire plus septentrional ! Le paysage de forêts et de landes de fougères tranche avec les atolls polynésiens des dernières semaines. Trois Baleiniers sont aussi à l'ancre, et des pirogues traversent paisiblement la baie. Dans l'après-midi, Darwin et quelques officiers vont se rendre à terre, direction le village de Pahia et la résidence des missionnaires locaux. Darwin s'extasie devant les cottages anglais qui ponctuent le paysage. Et pour cause, ils semblent tout droit sortis de la campagne anglaise ! Leur architecture typique dénote avec les habitations indigènes. Et pourtant, les deux civilisations présentes sont tout deux issues d'une colonisation tardive de l'archipel. Les Maori ne sont arrivés qu'au court du XIIIème et XIVème ...

[1835] La traversée des Points Antipodaux

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Mi-décembre 1835, Darwin note avec une pointe de nostalgie que le HMS Beagle achève sa traversée de l'océan Pacifique en s'approchant de la Nouvelle-Zélande. Certes, il fera ensuite voile vers Sidney, mais nous ne pouvons pas lui donner entièrement tort, puisque le Beagle fera ensuite étape en Australie via la mer de Tasman. Ces dernières semaines ont été bien mornes, et les archipels croisés depuis le brick-sloop n'ont guère mérité de notes sur son Journal de Bord . Darwin se rattrapera cependant au cours de la rédaction de son ouvrage '' The structure and distribution of coral reefs '' (1842). Curieux de géographie depuis l'enfance, Darwin note également la récente traversée du ''Méridien des Antipodes''. Il s'agit, bien entendu, d'une référence à la notion de ''Point Antipodal'', correspondant à deux points diamétralement opposés sur la sphère terrestre. Les îles britanniques n'ont pas de points antipodau...

Spencer et l'évolutionnisme philosophique - Patrick Tort

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Darwin n'appréciait guère Herbert Spencer. Et il ne s'en cacha pas dans son Autobiographie . Et pourtant, tout comme l'eugénisme de son encombrant cousin Galton, la philosophie évolutionniste de Spencer n'a de cesse de hanter l'héritage darwinien. Une association à tort, commise par le journaliste Emile Gautier en 1880 sous l'étiquette trompeuse de "darwinisme social". Pour autant qu'elle soit fausse, l'association des thèses sociétales de Spencer aux travaux de Darwin s'appuie sur un fond de vérité : la référence de Spencer à la théorie de la sélection naturelle de Darwin, et l'association qu'il en tire à sa "morale évolutionniste" (Spencer, H. L'individu contre l'Etat , 1892). Sauf que Spencer, ingénieur civil de formation, autodidacte et intellectuel "touche à tout", ne cherche pas à suivre la réflexion darwinienne. Fort de son éthique libérale, il rejette toute forme de compensation sociétale des indi...

[1835] L'île Aitutaki

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Le 3 décembre 1835, le HMS Beagle croise devant l'île Whytootake, également connue sous le nom d'île Aitutaki. Cet atoll de 16,8 km² présentant encore la partie septentrionale de son ancien socle volcanique appartient à l'état polynésien des Îles Cook. Destination touristique réputée, l'île accueille près de 1800 habitants. Les plus anciennes traces d'occupation humaine remontent au IXème siècle. Le premier navire européen à rapporter l'existence de cette île fut le célèbre HMS Bounty , le 11 avril 1789. Nous sommes alors 17 jours avant la célèbre mutinerie du vaisseau de la Royal Navy . Lorsque le HMS Beagle croise au large, les missionnaires britanniques évangélisent la population locale depuis 1821. Selon les courtes notes qu'il inscrit dans son Journal de Bord, l'île présente les caractéristiques habituelles d'une formation en atoll. Darwin cite directement l'île par son nom indigène de Aitutaki dans son ouvrage '' The Structure and...

[1835] Des extraits du Journal de Darwin diffusés auprès de sociétés savantes

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Le 22 novembre 1835, Susan Darwin adresse à son frère une lettre de nouvelles depuis Shrewsbury. Nous y apprenons notamment que comme à son habitude, Charles a posté les plus récentes pages de son Journal au domicile familial. Sa sœur lui accuse bonne réception, avec même soulagement puisque le Challenger , navire postal affecté aux côtes pacifiques sud-américaines, a fait naufrage suite au tremblement de terre de Concepción . L'équipage et le courrier furent cependant récupérés et le précieux manuscrit put poursuivre sa route vers l'Angleterre. Fort heureusement, le navire postal qui transita le précieux document ne connut pas ce même désastre. La famille Darwin orgueilleuse de ce feuilleton de voyage. Le Dr. Robert Darwin apprécie énormément les aventures de son fils cadet, et le clan Darwin commence même à en prêter quelques feuillets à son entourage ! Susan, qui témoigne d'un certain talent pour les lettres, ne peut s'empêcher de corriger l'orthographe de son f...

[1834] Darwin songe à abandonner

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En octobre 1834, de retour chez M. Corfield à Valparaiso après une excursion dans la Cordillère des Andes, Darwin se sent très affaibli et doit tenir le lit. Cette épreuve le mène jusque d'atroces tourments, et il s'en confie douloureusement à sa sœur Caroline. Pour notre jeune homme, l'origine de ces maux ne fait alors pas de doutes : « d e retour de mon excursion à la campagne, j'ai séjourné quelques jours dans des mines d'or et, là-bas, j'ai bu du chichi [chicha de uva] , un vin nouveau, très faible et acide, qui m'a presque empoisonné  » Correspondance de Charles Darwin à Caroline Darwin, 13 octobre 1834 . Certains auteurs attribuent cette crise subite à la maladie de Crohn , qu'il aurait alors contracté par toxi-infection alimentaire. S'il se veut rassurant sur l'amélioration de son état «  mais Bynoe [Assistant-chirurgien du HMS Beagle ], avec une bonne dose de calomel et du repos, m'a presque remis sur pied et je ne suis plus qu'u...

[1835] Rencontre avec une Reine

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Le 24 novembre 1835, le Capitaine FitzRoy accompagné de Charles Darwin sont reçus par la Reine Pōmare IV. La jeune souveraine se trouve alors dans une situation fort inconfortable vis à vis des Britanniques, suite à l'affaire du voilier pillé . En dédommagement à cet acte de piraterie ''légal'' selon les Lois tribales, la Reine doit verser 2853 dollars à la Couronne britannique. Mais l'affaire traîne en longueur, et le délais de paiement fixé au 1er septembre 1835 est dépassé. Un émissaire de la Couronne britannique en la personne de Mr. Bicknell s'était déjà présenté devant la Reine pour recevoir ce dédommagement, cependant il n'avait reçu aucune réponse. La Reine plaide sa bonne foi, mais prétend ne pas avoir compris à quel représentant légal cette somme devait être versée. Le Capitaine FitzRoy, mandaté par le Commodore de Lima pour régler cette affaire, s'exécute non sans une certaine brutalité. S'il fait preuve de patiente et de diplomatie e...

[1835] Les Poissons de Tahiti

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La consultation des Zoology Notes et de la Zoologie du Voyage du HMS Beagle se montre particulièrement décevante en ce qui concerne les collections réalisées à Tahiti. Ne figurent que des Poissons, et encore en nombre assez restreint ! Nous pouvons comprendre aisément ce bilan au vu de la courte escale tahitienne, et l'absence d'exploration terrestre prolongée. En ce qui concerne ces Poissons, ils furent conservés puis confiés pour identification à Leonard Jenyns. Si bon nombre de ces spécimens permirent la toute première description de leur espèce, aucun d'entre-elles n'est endémique à Tahiti. Parmi ces espèces, il y a fort à parier que beaucoup furent en premier lieu pêchées pour améliorer l'ordinaire de l'équipage. Ce sont toutes des espèces communes de la zone indo-pacifique, pour lesquelles l'UICN ne signale aucune menace particulière. En définitive, la collection tahitienne de Darwin présentait surtout un intérêt géographique lointain pour les natur...

[1835] L'affaire du voilier pillé

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En 1833, un petit voilier britannique fut pillé par les autochtones des Îles Basses de Polynésie, alors sous l'autorité de la Reine tahitienne Pomare. L'affaire remonta jusqu'au gouvernement britannique ; considérant que les natifs avaient agi selon une loi tahitienne, la monarchie en place était responsable de ce pillage licite et devait en dédommager la couronne britannique. La somme convenue de 2853 dollars devait être payée le 1er septembre 1835. Cependant, les escales polynésiennes ne sont pas monnaie courante, et le Commodore de Lima profita de la présence du HMS Beagle dans les eaux Pacifiques pour ordonner au Capitaine FitzRoy de se renseigner sur le règlement de cette dette. Ce n'est pas la première fois que le HMS Beagle interfère dans la politique insulaire locale, nous l'avions déjà vu durant l'escale aux Malouines. L'épisode tahitien prend de l'importance lorsque sur place, FitzRoy apprit que la somme n'avait pas été versée. Darwin, q...

[1835] Darwin et les Tahitiennes, un combat féministe raté ?

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Le 22 novembre 1835, le HMS Beagle arrive à Papeete. La Reine Pomare IV y réside, ainsi que son conseiller, le missionnaire Pritchard. Ce personnage central des événements politiques à venir à Tahiti nous est décrit par Darwin comme un « homme sensé, agréable et bon ». Rappelons que sa décision hâtive d'expulser les prêtres catholiques français l'année suivante entraînera la perte de Tahiti pour l'Angleterre.  Signe d'un débat alors soutenu dans les salons britanniques, Darwin s'attarde assez longuement sur la bonne morale des filles des missionnaires qu'il y rencontre, avant de dresser un bilan élogieux de l'évangélisation des populations tahitiennes. Réfutant les accusations qu'il juge calomnieuses quant au travail des missionnaires sur place, il insiste pour les présenter comme les « sauveurs » d'une civilisation jusqu'alors sauvage, belliqueuse et sacrificielle. Autant d'arguments en faveur du mythe de ''l'homme blanc occiden...

[1835] Premiers pas aventureux à Tahiti

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Le 17 novembre 1835, Darwin débute son exploration naturaliste de Tahiti. Son attention se porte bien entendu sur l'origine volcanique de l'île, ainsi que sur sa luxuriante végétation. A la fin de cette première journée, il se délecte d'ananas, de bananes chaudes grillées et de lait de noix de coco. L'autochtone qui le régale ainsi semble disposé à l'aider dans ses vagabondages, aussi convint-il avec M. Wilson, le missionnaire local, qu'il lui servirait de guide au cours de son séjour. Notez qu'entre le précédent billet et celui-ci, il ne s'est déroulé qu'une seule nuit à Tahiti. Si Darwin « saute » le 16 novembre, c'est parce que le HMS Beagle , en provenance d'Amérique du Sud, a franchi la ligne symbolique du changement de date ! Notre jeune naturaliste met donc à jour son Journal de Bord . Au 18 novembre, troisième jour à Tahiti, Darwin se rend à terre au matin de bonne heure, bien résolu à poursuivre ses investigations naturalistes. Rar...

[1835] L'arrivée à Tahiti

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Le 15 novembre 1835, le HMS Beagle est en vue de Tahiti ! Le navire double la pointe Vénus, promontoire septentrional de l'île. La navigation du brick-sloop est impeccable, puisque quelques jours auparavant, il a franchi sans encombres le tant redouté archipel Dangereux (Tuamotu). Une petite victoire pour le Capitaine FitzRoy ! Tahiti, destination paradisiaque pour notre imaginaire collectif, l'est beaucoup moins pour Darwin. Il juge l'aspect de l'île peu engageant, et le sinistre destin du Capitaine Cook à Hawaï devait forcément s'imposer à son esprit dès lors que des pirogues entourèrent le Beagle au mouillage dans la baie de Matavai. Tahiti, gravure de Conrad Martins. In : Narratives , FitzRoy (1839). Lors du séjour du HMS Beagle à Tahiti, l'île était sous influence britannique. La Reine autochtone Pomare IV dirigeait l'île depuis 1827, mais son principal conseiller, le pasteur anglais Pritchard, Consul d'Angleterre, poursuivait l'influence br...

[1835] Le HMS Beagle arrive en Polynésie

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Le 9 novembre 1835, le fameux brick-sloop arrive en vue de l'atoll Pukapuka, qui appartient au groupe des îles du Désappointement, de l'archipel Tuamotu, en Polynésie française. «  La première île dont on puisse dire d'une manière véridique qu'elle appartient à la Polynésie  » note-t-il dans son Journal de Bord . Les conditions de navigation sont déplorables. C'est la saison des pluies, l'air chaud est saturé d'humidité, et une brume trompeuse tarde à se lever. Le travail de cartographie du Beagle s'annonce compliqué. Darwin non plus ne semble alors pas vraiment à jour de sa géographie du Pacifique, puisqu'il nomme cet atoll tout aussi bien île du Chien que île Incertaine, deux atolls bien distincts de Polynésie. Mais est-ce vraiment une confusion ? Peut-être pas, tout dépend des explorateurs auxquels nous nous référons ! Commençons par un peu d'histoire. Cet atoll, formé par l'excroissance corallienne d'un volcan sous-marin, est appar...

[1835] La Traversée du Pacifique

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Le 1er novembre 1835, Darwin note dans son Journal de Bord : «  Nous avançons maintenant à la vitesse régulière de 150 ou 160 milles (278 – 297 km) par jour. L'alizé souffle sans arrêt jour et nuit. Avec les bonnettes mises de chaque côté, nous traversons agréablement le bleu de l'océan. Nous avons maintenant quitté les sombres régions qui s'étendent loin de la côte de l'Amérique du Sud, et chaque jour le soleil éclatant brille dans le ciel sans nuages  ». Que de belles conditions pour traverser l'océan Pacifique ! Les bonnettes sont des voiles légères que l'on accroche aux extrémités des verges des voiliers pour augmenter la puissance de traction au vent. Cela signifie que le Capitaine FitzRoy ne s'attend à rien croiser d'autre que l'océan pendant ces prochains jours, et qu'il lui tarde d'atteindre au plus vite les îles Polynésiennes. Ce sera chose faite d'ici huit jours en mer. Durant ce périple en Pacifique Sud, Darwin s'applique ...

Le Voyage du Beagle - édition illustrée

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Dans la catégorie beaux livres reliés, l'éditeur Delachaux et Niestlé publiait en 2018 un ouvrage grand format rendant hommage au célèbre Voyage qui marqua l'histoire des sciences naturelles. Richement illustré, ce livre cartonné sous jaquette est agrémenté de textes et documents issus des Narratives du Capitaine FitzRoy ou encore d'autres textes de Darwin. Sans l'expliquer très clairement, l'édition se présente en somme comme une version de luxe du " Voyage d'un naturaliste autour du Monde ". Hélas, il ne s'agit pas pour autant d'une nouvelle traduction, ni d'une réédition complète du  Voyage  ! Alléchant ouvrage, qui nous plonge dans l'ambiance si particulière des gravures du XIXème siècle ! Les amateurs de beaux livres et d'histoire naturelle apprécieront cette publication, qui propose une édition de luxe du célèbre récit d'expédition de Charles Darwin. Néanmoins, la présentation demeure assez trompeuse. Comme précisé plus ...

[1834] La mystérieuse maladie de Charles Darwin

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Le mois d'octobre 1834 se présente bien mal pour notre pauvre naturaliste. Darwin doit tenir le lit chez M. Corfield à Valparaiso . Le capitaine FitzRoy a accepté de retarder le départ du Beagle prévu en octobre durant la convalescence du jeune homme. « J'y gardai le lit jusqu'à la fin octobre. Ce fut une sérieuse perte de temps car j'avais espéré collecter de nombreux animaux. Très obligeamment, le Capitaine FitzRoy retarda le départ du Navire jusqu'au 10 novembre, date à laquelle je fus tout à fait rétabli » Charles Darwin, Journal de Bord . Ce fâcheux bulletin de santé est le tout premier signe de cette maladie chronique qui l'affligera douloureusement tout le reste de sa vie. Mais quelle était donc cette mystérieuse maladie que les médecins ne purent jamais véritablement diagnostiquer de son vivant ? Le mystère demeure, deux siècles après cette première crise au Chili. Les hypothèses sont nombreuses, et la littérature médicale s'est passionnée pour le...