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[1835] Darwin et la géologie du Nord Chili

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Les travaux de Darwin au cours de ces longs mois passés au Chili concernent, rappelons-le, avant tout la géologie et la paléontologie. Nous avions déjà abordé ces connaissances nouvelles que son inaltérable soif de terrain avait enfanté. Mais il est temps de clore le séjour continental américain du Voyage de Darwin avec ce dernier billet naturaliste. Iquique et les alentours de Callao, au Pérou, ont beau avoir enthousiasmé Darwin dans son Journal de Bord, il ne leur consacrera que quelques paragraphes dans ses travaux. Peut-être parce qu'il y retrouve le théâtre sédimentaire et paléontologique habituel, bien que la répétition de son hypothèse d'élévation continental dut le réjouir. Durant les dernières excursions terrestres de Darwin au Nord du Chili et au Sud du Pérou, notre jeune naturaliste eut occasion de réaliser de riches observations géologiques. Entre Valparaiso et Coquimbo, il s'intéresse outre les affleurements de granite et d'andésite, à la minéralogie du g...

Livre jeunesse : Charles Darwin

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Il n'y a pas d'âge pour découvrir Charles Darwin ! Alors profitons des vacances scolaires pour initier nos chères petites têtes blondes au Voyage autour du Monde de notre naturaliste préféré. Je ne possède pas une grande collection d'albums jeunesse, bien que mon fils soit un jeune bambin en âge de les dévorer. Mais il me fallait absolument glisser entre ses mains un ouvrage dédié au grand Darwin. Il y a quelques années de cela, je faisais donc l'acquisition de cet album collectif, publié par La Librairie des écoles. Une belle surprise pour ma part, puisque cet album jeunesse respecte dans ses grandes lignes la biographie de Darwin, chose assez remarquable pour être soulignée ! Ne vous fiez pas à cette couverture; elle n'est nullement prétexte à mettre en scène un Darwin vieillissant aux Galapagos. Il s'agit plus d'une représentation métaphorique pour coller avec l'image traditionnelle que la culture populaire se fait de Darwin. Un point d'ancrage av...

[1835] Le Capitaine FitzRoy achète encore une goélette !

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Le 24 août 1835, à Callao, le Capitaine FitzRoy fait l'amer constat que le Beagle ne peut couvrir à temps toutes les côtes à cartographier. De nouveau , et sur la recommandation du second Lieutenant M. Sulivan , il décide d'acheter la goélette Constitution pour 400 £ afin de l'employer à de nouveaux travaux de levés topographiques le long des côtes du Chili et du Pérou. La Constitución (nom qu'elle portait à l'époque où FitzRoy en fut propriétaire) fut rééquipée sur ses propres fonds et son commandement confié à M. Usborne. Le 24 août, FitzRoy donna l'ordre à Usborne de poursuivre les levés topographiques depuis le point d'escale de Sulivan (Paposo), « vers le nord en direction de Callao, puis vers Puná, près de Guayaquil », où les levés devaient se terminer. Usborne reçut également l'ordre de vendre la goélette, de retourner à Callao, puis d'obtenir un billet pour lui et son groupe afin de rentrer en Angleterre. Usborne reçut des provisions pour...

Fuegia - Eduardo Belgrano Rawson

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Darwin n'aimait guère les romans dramatiques. Mais peut-être aurait-il été sensible au roman-documentaire de l'écrivain argentin Eduardo Belgrano Rawson. Dans Fuegia , récit crépusculaire du génocide des Fuégiens en Terre de Feu, Rawson crée un lien avoué avec les quatre amérindiens capturés par le Capitaine FitzRoy en 1830. Leur calvaire, et le retour des trois survivants lors de la seconde expédition du HMS Beagle , résonne comme un prélude au déclin des Fuégiens. Pour Darwin qui bien maladroitement s'intéressa à ces peuplades amérindiennes, le parallèle aurait-il été aussi clair ? Ou bien sommes-nous comme Fabien Grolleau et Jérémie Royer tentés de créer ce lien entre le jeune naturaliste et l'énigmatique Fuegia Basket ? Mais au-delà de sa dédicace en forme d'épitaphe, Fuegia est avant tout un roman funeste, dont l'atmosphère oppressante exprime l'inexorable éradication des Amérindiens de Terre de Feu. Deux mondes s'affrontent, l'un incarné par le...

[1835] Un mois d'août au Pérou

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Du 9 août à début septembre 1835, le Journal de Bord de Charles Darwin reste bien peu loquace. Qu'a pu bien faire notre jeune britannique durant cette période ? Nous apprenons tout d'abord le retour du capitaine FitzRoy de son expédition de sauvetage du HMS Challenger . Ce dernier séjourne à Lima. Le pays étant en proie au désordre, et notre jeune ami n'ayant probablement guère envie de supporter les maugréements du capitaine, il séjourne à bord du Beagle , au mouillage à Callao. Durant ces journées, il s'active à rédiger des notes géologiques sur ses observations au Chili. Le Pérou ne lui laissa pas un agréable souvenir. Dans le «  Voyage d'un naturaliste autour du Monde  » (1839), Darwin s'attarde sur l'air vicié qui règne le long de la côte, naissant dans les marécages insalubres et responsable d'épidémies de fièvres locales. La politique incertaine de la jeune nation ne lui inspire qu'un profond mépris, comme toujours chez le jeune homme face a...

[1835] En route pour Lima

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Entre le 29 juillet et le 3 août, Darwin prend place dans la diligence qui assure deux fois par jour le trajet jusqu'à Lima. Sur place, il passe cinq jours de villégiature fort agréables. Notre jeune britannique apprécie tout particulièrement l'hospitalité péruvienne et les conversations fort intelligentes qu'il entretient avec ses hôtes. Le consul général britannique, M. Wilson, est un homme particulièrement serviable. Cet ancien aide de camp de Bolivar a parcouru une grande partie de l'Amérique du Sud et connaît parfaitement ses habitants. La ville de Lima se situe sur une petite plaine, que Darwin déduit rapidement comme formée par le retrait progressif de la mer. Derrière elle, s'élèvent des collines arides et abruptes. D'anciennes îles dans le paysage côtier ? La plaine est verdoyante et fertile. Outre les cultures en plein champ, on y trouve quelques saules et arbres fruitiers. La ville, quant à elle, demeure assez décevante quant à son insalubrité : «  L...

[1835] Escale à Callao

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Arrivé le 19 juillet 1835 devant le port de Callao, le HMS Beagle va rester au mouillage jusqu'au 7 septembre. L'étape péruvienne débutée au 13 juillet dernier demeure très courte, en comparaison des autres pays sud-américains visités durant le Voyage. Il n'en demeure pas moins que Darwin, comme à son habitude, se fait le témoin des sociétés locales. Et pourtant, la première impression que notre jeune naturaliste tire de Callao n'est guère motivante. La grisaille règne, en cette fin de mois de juillet. La Cordillère n'est guère visible derrière Lima, et la bruine épaisse qui lui barre la vue évoque la brume écossaise ! Pour autant, le pays est aride ; la végétation de s'épanouit que le long des canaux d'irrigation. Les maisons de terre durcie aux toits plats ne sont guère élégantes pour notre jeune britannique. Callao lui laisse l'image d'un petit port sale, misérable, mal construit. La mixité ethnique ne l'intéresse guère ; en vérité Darwin a ...

[1835] Le salpêtre et son exploitation péruvienne

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Le 13 juillet 1835, Darwin se rend dans une exploitation de salpêtre à proximité d'Iquique, à 67 km dans les terres. Nous avions eu occasion de décrire le sinistre chemin désertique menant à l'entreprise dans le précédent billet. Il est temps de nous intéresser à cette visite industrielle ! Le salpêtre, ou « or blanc du désert », fit la fortune du Pérou au même titre que le fameux guano des îles Chincha. Nous sommes alors au tout début de cette histoire agro-industrielle, qui marqua la révolution agro-industrielle du XIXème siècle, mais provoqua également deux conflits militaires majeurs en Amérique du Sud. L'agronomie du XIXème siècle connaît une première révolution avec les travaux du chimiste allemand Justus Liebig sur l'importance des éléments fertilisants azotés et phosphatés pour la croissance des végétaux (1848). La Loi agronomique des facteurs limitants de Sprengel (1828), adaptée et popularisée par Liebig dans les années 1850, va participer à la fondation de l...

[1835] L'Urubu à tête rouge

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Le 13 juillet 1835, alors que Darwin se trouve à Iquique , le voilà parti en fin de matinée en direction d'une usine de salpêtre située à 67 km de la ville. Le sentier sablonneux en lacets qui s'enfonce dans les montagnes côtières est particulièrement aride. Il traverse des étendues accidentées, désertées, ne croisant que deux villages perchés sur leurs collines décharnées. Comme si cela ne suffisait pas au tableau, le chemin est jonché des carcasses desséchées de mules et de baudets. Le charnier attire une belle population d'Urubus à tête rouge, que Darwin nomme de son autre nom vernaculaire, le Vautour aura ( Cathartes aura ). Un urubu à tête rouge en vol à Cuba. Photo : Charles J. Sharp (Wikipedia) Dans son Voyage d'un Naturaliste autour du Monde (1839), Darwin consacre une page entière à ces fameux Urubus à tête rouge, dont la silhouette nous est particulièrement familière puisqu'il inspira le vautour des bandes dessinées et cartoons. Plus qu'une icône, c...

[1835] Le Beagle fait escale entre Chili et Pérou

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Le 6 juillet 1835, le HMS Beagle quitte Copiapo et fait voile vers le Nord. Pour être précis, le brick-sloop était au mouillage à Caldera, qui est le port de Copiapo. Les géographes apprécieront cette rectification que j'ai bien trop souvent omis dans mes précédents billets ! Le 10 juillet, Darwin indique que le navire franchit le Tropique du Capricorne. Puis dans la soirée du 12 juillet, il jette l'ancre dans le port d'Iquique. Il s'agit de la dernière étape chilienne avant le Pérou. Vraiment ? A nouveau, soyons précis. Nous sommes actuellement au Chili, mais à l'époque du Voyage de Darwin, Iquique est une bourgade péruvienne. Aussi Darwin ne commet aucune erreur dans son Journal de Bord en annonçant son arrivée au Pérou. Fondée en 1572 par les Espagnols, et était rattachée à la vice-royauté du Pérou. Péruvienne à l'indépendance, en 1824, elle fut annexée par le Chili victorieux au terme de la Guerre du Pacifique (1879 – 1884). En cette année 1835, la petit...

[1835] A la rescousse du HMS Challenger

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Le 4 juillet 1835, Darwin rembarque à bord du HMS Beagle dans le port de Copiapo. Sur place, il apprend que le capitaine FitzRoy est absent depuis plusieurs semaine, le lieutenant Wickham assure temporairement le commandement. Le capitaine a quitté son poste depuis mi-juin et la dernière escale du Beagle à Valparaiso pour prêter secours à son ami le capitaine Seymour, dont son navire le HMS Challenger s'est échoué sur les côtes d'Araucanie ! Une situation dangereuse pour nos marins britannique, puisque les Mapuches de ce territoire autonome pourraient considérer leur présence comme une agression territoriale. Le HMS Challenger , quittant Portsmouth en 1827 Le HMS Challenger était une frégate de sixième rang, sortie du chantier naval de Portsmouth en 1826. Ce voilier de 600 tonneaux mesurait plus de 38 mètres de long. Mis en service en 1827, il comptait 175 hommes d'équipage et 28 canons. Notez que huit navires de la Royal Navy portèrent ce nom au cours de l'histo...

[1858] Darwin et la réunion de la Société linnéenne de Londres

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Le soir du 1er juillet 1858, une réunion extraordinaire de la Linnean Society of London se tint à Burlington House pour rendre hommage à Robert Brown, ancien président, et pour pourvoir les postes laissés vacants par son décès. Cette réunion fut suivie des travaux scientifiques habituels d'une assemblée générale : la lecture, et éventuellement la discussion, de deux ou trois articles scientifiques soumis par les membres de la Société. Mais cette réunion allait marquer l'histoire des sciences naturelles par une annonce devenue historique : celle de la théorie de l'évolution de Charles Darwin ! Gravure du XIXème siècle de la Société Linnéenne de Londres Cependant, soyons précis. Durant cette réunion, il ne s'agit pas de présenter le fameux ouvrage de " L'Origine des Espèces ", mais un exposé oral tiré de son Essai de 1844, œuvre préliminaire largement abandonnée par la suite. La raison de cette déclaration estivale ? Si Darwin travaille depuis son retour ...

[1835] Prospecter la géologie de la Cordillère des Andes

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Inlassablement en cette année 1835, Charles Darwin réalise plusieurs transects géologiques de la Cordillère des Andes. Preuve de son enthousiasme pour ces missions pourtant éprouvantes, il profite d'un court retour à Copiapo, son camp de base temporaire chilien, pour organiser aussitôt une nouvelle expédition. Le 26 juin, après avoir engagé un guide et loué huit mules, le voilà de nouveau sur les chemins montagnards andins !  Les flancs de vallée désolés ne font que conforter son hypothèse d'un soulèvement progressif de la région au-dessus des océans. Bien entendu, il s'agit là d'un de ses axes de recherche majeurs en géologie, comme nous avons eu l'occasion de le commenter à de nombreuses reprises sur ce blog. Mais notons une fois de plus que si cette hypothèse est désormais considérée comme inexacte, elle eut le mérite de proposer une explication gradualiste à la formation des reliefs terrestres. Mais en attendant, la région est si aride que le ravitaillement en ...

[1835] Darwin et l'Empire Inca

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En bon explorateur de la Cordillère des Andes, Charles Darwin s'intéressa aux ruines d'une des civilisations les plus connues d'Amérique méridionale, l'Empire Inca. Notre jeune naturaliste n'était pas un archéologue, il est vrai. Il demeure cependant une vive curiosité de sa part, et quelques descriptions nous permettant de mieux apprécier l'état des ruines en ce début du XIXème siècle. Nous ne ferons pas ici de résumé de l'histoire mouvementée de la civilisation Inca, depuis son émergence régionale jusqu'à son anéantissement définitif en 1572. Considérons qu'à l'époque du voyage du HMS Beagle autour du monde, trois siècles s'étaient déjà écoulés entre la chute de l'empereur Atahualpa et le Journal de Bord de Darwin. Le brutal abandon des infrastructures incas eut tôt fait d'accélérer la détérioration des édifices. Cependant, notre jeune explorateur eut à cœur de nous relater ses plus belles découvertes. Reprenons ensemble son «  ...

[1835] Une hacienda au Chili

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Le 12 juin 1835, Darwin est hébergé à l'Hacienda de Potrero Seco, dans la vallée de Copiapo. Après les bivouacs des derniers jours, notre jeune naturaliste en tire un confort bienvenu ! Cette hacienda appartient à une société britannique. Le gérant, M. Bingley, l'accueille grâce à une lettre d'introduction que Darwin lui présente. Il va y passer plusieurs jours, entre le 12 et le 27 juin 1835, profitant de l'hospitalité pour explorer les environs. La propriété, encaissée dans la vallée, fait 14 lieues de long. Elle était jusqu'à récemment estimée à 100 livres sterling. On y cultive du fourrage pour les mules et du trèfle de pays. Mais ce n'est pas la seule ressource de la société qui emploie M. Bingley. Ce dernier s'occupe de négoce de minerais de cuivre, qu'il exporte depuis le plus proche port. Comme la route est uniquement praticable par des mules, ces dernières se chargent du transport du minerai. Aussi sont-elles au cœur de d'entreprise comme...