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[1833] Un mois de juin à Maldonado

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Ce mois de juin 1833 fut relativement calme pour Darwin. «  Je suis devenu un véritable terrien  » note-t-il dans son Journal de Bord . En effet, durant ces semaines passées à terre, il ne s'occupe que de ses collections naturalistes tandis que le HMS Beagle et sa flottille d'exploration vaquent à leurs occupations cartographiques. Comme vous vous en doutez, cette oisiveté signifie surtout une effervescence zoologique pour notre jeune homme ! Et les entrées de son journal ne manquent pas de le souligner : «  comme d'habitude tranquillement occupé à collecter, le lendemain à arranger  » Charles Darwin, Journal de Bord . Oiseaux, insectes et reptiles sont son principal butin. Et le jeune homme se montre très satisfait de son travail : «  ma collection d'oiseaux et de quadrupèdes de l'endroit où nous sommes tend vers la perfection  » Charles Darwin, op. cit . Il n'hésite pas à embaucher, moyennant quelques pièces, les jeunes garçons de la vill...

[1834] Arrivée dans l’île de Chiloé

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Le 28 juin 1834 au début de la nuit, le HMS Beagle mouille dans le port de San Carlos, dans l'île de Chiloé. Après une courte escale au 15 juin devant l'île Hyatt, non loin de l'île Esmeralda, le Capitaine FitzRoy progresse le long des côtes patagons chiliennes. Idéalement, le commandant de l'expédition aurait souhaité poursuivre jusqu'à Coquimbo, bien plus au Nord. Mais de violents vents du Nord et une mer déchaînée contrarièrent ses plans, et l'obligèrent à trouver refuge dans la petite baie du port.  Dessin de la ville de San Carlos de Chiloé en 1829. In : Narratives , tome 1, Philip Parker Le 29 juin, après les obsèques du regretté M. Rowlett , Darwin débarque en ville. Inutile de chercher San Carlos sur une carte, vous ne la trouverez jamais. Et pour cause, la bourgade portuaire a été rebaptisée deux ans avant la visite de Darwin, sans que nos Britanniques n'en soient apparemment au courant. Et pour cause!Il s'agit de la seconde venue du HMS Bea...

[1834] Des funérailles en mer

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Le 27 juin 1834, le HMS Beagle approche du port de San Carlos (aujourd'hui Ancud), dans l'île de Chiloé. Mais en attendant cette nouvelle étape du Voyage, un drame vient assombrir l'humeur de l'équipage. M. Rowlett, officier Commissaire de bord du Beagle , vient de décéder. L'heure est au recueillement. Le Commissaire de bord est un membre d'équipage en charge de la gestion administrative d'un navire. Il peut s'agir d'un cuisinier ou d'un steward dans la marine marchande. Mais dans la Royal Navy jusqu'en 1852, il s'agissait d'un Officier en répondant directement au Capitaine. Mandaté par l'Amirauté britannique, le Commissaire de bord était responsable de l'approvisionnement en vivres et consommables. Au port, il supervisait les réparations et le réarmement du navire. Les fournitures et produits non-alimentaires (comme le tabac) étaient achetés par les marins auprès du Commissaire, constituant une petite économie de bord. S...

[1834] Entrée dans l'Océan Pacifique

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Le 8 juin 1834, le HMS Beagle et l' Adventure lèvent l'ancre et quittent définitivement Port-Famine. Le Capitaine FitzRoy fait voile désormais vers l'Océan Pacifique ! Pour cela, il a l'intention de quitter le Détroit de Magellan par le Canal Magdalena. Le passage n'a été découvert que très récemment, aussi les navires sont rares dans la région. Le Beagle devra progresser avec prudence, tout en cartographiant cette passe d'intérêt nautique majeur. Le vent se montre favorable, mais le brouillard est épais. Les nuages sombres et menaçants passent au-dessus de la Terre de Feu. "Mount Sarmiento, Tierra del Fuego, Showing Beagle". Conrad Martens, In : Narratives , tome 2, Robert FitzRoy (1839). Le soir même, le Beagle mouille à Cabo Turn, près du Mont Sarmiento. Caché derrière les nuages, le mont se révèle le lendemain matin pour le plus grand plaisir de l'équipage. «  Je suis incapable de décrire le plaisir que j'ai éprouvé à la vue de ces mas...

[1833] Le Champignon de Darwin

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Durant son séjour en Terre de Feu, Darwin eut occasion de s'intéresser aux écosystèmes forestiers de ces terres inhospitalières. Si leur botanique demeure assez pauvre, ces sombres forêts de Hêtres accueillent un remarquable champignon, dont Darwin nous fait l'éloge dans son Voyage d'un naturaliste autour du Monde  (Photo ci-contre : Cyttaria Darwinii in a tree in Tierra del Fuego / crédits : Alexander Klink, 2013). «  Il y a une production végétale qui mérite d'être signalée, à cause de son importance comme aliment. C'est un champignon globuleux, jaune clair, qui pousse en nombre considérable sur les hêtres  » Charles Darwin, op. cit . Comme l'explique Darwin, ce Champignon appartient bien à genre nouveau et curieux jamais encore décrit en ce début du XIXème siècle. Durant ses séjours en Terre de Feu, Darwin collecte différents spécimens, qu'il discerna avec raison en deux espèces différentes. Rapportant ce fait dans la première édition de son Voyage d...

[1834] Échauffourées avec les Fuégiens à Port-Famine

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Du 2 au 8 juin 1834, le HMS Beagle et l' Adventure mouillent à Port-Famine. Poursuivant leurs travaux de cartographie, les deux équipages œuvrent avec des conditions météorologiques déplorables. Heureusement pour leur moral, deux journées lumineuses leur offrent une vue magnifique sur les majestueux sommets de la Terre de Feu, et notamment le fameux Mont Sarmiento. Mais par deux fois, les Fuégiens manifestent également leur hostilité. Comme du matériel et des vêtements ont dû être déposés à terre pour faciliter le travail des équipes, le Capitaine FitzRoy estime qu'il faut défendre ces biens de tout pillage. L'expérience malheureuse de l'établissement d'une Mission en Terre de Feu quelques mois auparavant est encore bien présente dans son esprit. Aussi ordonne-t-il de tirer au canon pour les effrayer alors qu'ils apparaissent au loin. Lorsque le boulet éclabousse l'eau, les Fuégiens répondent avec rage en lançant des pierres à leur tour en direction du na...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (4/4)

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Il est temps pour Darwin et ses compagnons de rentrer à Maldonado ! Partis le 9 mai 1833, ils seront de retour dans la ville côtière onze jours plus tard. Comme nous l'avons vu dans les billets précédents, Darwin est accompagné par deux guides, Don Francisco Gonzales et son serviteur Morante. Le 18 mai 1833, ils ont a nouveau traversé Las Minas, petite bourgade autrefois minière à l'intérieur des terres. Ils se rendent chez Sebastian de Pimiento, un vieux caballero chez qui Darwin fut la coqueluche de ses filles  ! Après avoir gravi la Sierra de las Animas le 19 mai, il ne reste plus qu'à passer la nuit chez Don Francisco Pimiento, avant de partir le lendemain pour Maldonado. Le 20 mai 1833, les cavaliers sont au bout de leur périple. Dans son Journal de Bord , Darwin s'estime ravi de son escapade, aussi bien pour ses relevés géologiques que pour les rencontres des Gauchos qui y fit. Pendant ce temps, le HMS Beagle a déposé au 18 mai 1833 des ouvriers au port de Mal...

[1833] L'ascension de la Sierra de las Ánimas

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Le 19 mai 1833, Darwin entreprend l'ascension de la Sierra de las Animas. Cette colline de 501 m d'altitude qui surplombe la pampa uruguayenne alentours est un site géologique local majeur. Mais ce relief naturel est également chargé d'histoire et de légendes. Sierra de las Animas - Marcelo Campi (wikipedia) Levés tôt, Darwin et son guide local entament une randonnée qui va les mener jusqu'au somment de ce relief. S'il est imposant, il le doit surtout à la perspective par rapport pénéplaine environnante du craton de Rio de la Plata. Seulement voilà, géologiquement parlant, cette colline dénote aussi dans le paysage. En effet, la Sierra de las Ánimas est sillonnée de roches volcaniques intrusives, datant probablement du Protérozoïque et témoignant d'une intense activité volcanique passée : basaltes, trachytes, porphyres, rhyolites. De manière intéressante, les documents locaux disponibles en espagnol parlent aussi d'intrusions de syénite, qui n'est pas u...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (3/4)

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Les 12-13 mai 1833, Darwin et ses deux compagnons poursuivent leur excursion à cheval au départ de Las Minas par la traversée du Rio Marmaraga puis du Rio Tapes. Enfin, les trois cavaliers font étape dans une pulperia au nord du Rio Polanco. C'est le point le plus septentrional du périple, soit à 70 miles en ligne droite depuis Maldonado. Chemin faisant, les deux guides gauchos démontrent leur redoutable agilité en capturant à cheval des perdrix à l'aide d'un nœud coulant au bout d'un bâton ! La technique consiste à décrire des spirales autour de la perdrix, et la capturer quand elle s'accroupit pour se cacher. La méthode est plutôt efficace, puisqu'un jeune garçon suffisamment habile peut en capturer trente à quarante par jour ! Darwin, pour sa part, réalise des relevés géologiques de la région. Il y note des affleurements de roches en ardoises bleues et pâles, de marbres blancs et fins, et de gneiss imparfaits. Sans le savoir, il est en train de décrire des r...

[1834] Navigation depuis l'estuaire du Rio Santa-Cruz jusqu'à Port-Famine

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Le 11 mai 1834, le HMS Beagle reprend la mer avant d'emprunter le détroit de Magellan. Le Capitaine FitzRoy souhaite vérifier l'existence du Rocher de l'Aigle, baptisé en français, et qui se dresserait entre les îles Malouines et l'entrée du Détroit de Magellan. Hélas, les recherches demeurent vaines. L'îlot rocheux fait partie de ces mythes maritimes, erreurs de cartographie ou mauvaises observations en mer que le Beagle contribua à débunker. Le mauvais temps est de la partie, et le 16 mai, Darwin soufre une fois de plus des affres du mal de mer . Le 21 mai, le Beagle louvoie autour de Cabo Virgenes, à l'entrée du Détroit de Magellan, pour y réaliser des sondages et rechercher à cartographier d'éventuels haut-fonds. Le lendemain, l'équipage aperçoit l' Adventure qui revient des Malouines. Les nouvelles sont très bonnes ; un navire de guerre est venu récupérer les prisonniers et il n'existe plus aucun risque de rébellion sur place. Les jour...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (2/4)

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Le 10 mai 1833, Darwin chevauche dans la pampa uruguayenne ! «  Cela paraît un vrai délice de chevaucher sur une telle étendue de gazon, mais je jure que je finis par me lasser tellement des sempiternelles vertes collines  » Charles Darwin, Journal de Bord . Comme vous le savez déjà, le jeune naturaliste est parti en randonnée équestre avec deux guides locaux, Don Francisco Gonzales et son serviteur Morante. Du 9 au 10 mai 1833, ils chevauchent à travers l'arrière-pays de Maldonado. Les trois compagnons atteignent Las Minas le soir du 10 mai, petite bourgade construite selon le même plan de rues symétriques, perpendiculaires et parallèles entre-elles, que les autres anciennes colonies espagnoles de la région. Las Minas, désormais connue sous le nom de Minas, fut fondée par Rafael Pérez del Puerto en 1783, quand un nombre important d'émigrants de régions des Asturies et de la Galice vinrent s'installer en Uruguay. Son nom d'origine était Villa de la Concepción de las Mi...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (1/4)

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Le 9 mai 1833, Darwin débute son périple dans l'arrière pays de Maldonado avec ses deux guides gauchos ! «  Comme il faisait beau, j'ai persuadé mes deux guides & compagnons de nous mettre en route  » Charles Darwin, Journal de Bord . Les noms de ses compagnons de voyage sont Don Francisco Gonzales et Morante, un des serviteurs du premier nommé. Bien armés et accompagnés d'un troupeau de chevaux frais, voilà que Darwin se transforme en vrai Gaucho ! L'escapade va lui coûter pour12 jours d'excursion un total de 16 dollars. Un prix raisonnable selon Darwin. Mais il ne comprend guère au départ de Montevideo pourquoi ses guides sont armés. Sans doute prend-il trop à la légère la situation sociale chaotique alors que s'achève en Amérique du Sud trente années de combat des Libertadors pour l'indépendance des colonies hispaniques ! Mais en chemin, il va comprendre rapidement l'intérêt de ces armes, lorsque des habitants leur indique qu'un voyageur a ét...

[1833] Un débarquement contrarié jusque dans le Rio de la Plata

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Le mauvais temps n'a de cesse de se jouer des projets de Darwin en ce mois d'avril 1833 ! Les vents, assez forts, empêchent de débarquer le naturaliste de débarquer au Rio Negro. Les nouvelles des petites Goélettes tardent à venir, et le capitaine FitzRoy sillonne la côte à leur rencontre, en vain. Lors des rares occasions de Darwin d'observer la géologie locale, il n'en reste pas moins frustré par la diversité de coquillages fossiles accumulés le long des côtes. Ce fut le cas de la courte expédition terrestre du 17 avril 1833, dans la baie de San Matias. La navigation reste difficile, et le vent capricieux oblige le capitaine FitzRoy à détourner son cap de Maldonado vers Montevideo. Soit un décalage de 111 km en ligne droite vers l'Ouest. Sur cette nouvelle route maritime, les vents et les orages sont assez forts. Le soir à l'embouchure de la Plata, il y a beaucoup d’éclairs. Le feu de Saint-Elme fait à nouveau briller le sommet des mats (le cacatois, plus hau...

[1834] Récit d'une excursion sur le Rio Santa Cruz (2/2)

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Poursuivons le récit de l'expédition fluviale entreprise par une partie de l'équipage du HMS Beagle le long du Rio Santa-Cruz en avril-mai 1834. Dans un précédent article , nous avions débuté notre chronique par une présentation de ce fleuve argentin. Le Capitaine FitzRoy s'est donné pour objectif de découvrir les sources de ce Rio, traversant de larges territoires de Patagonie jusqu'à présent Terra Incognita . Mais parvint-il à atteindre son objectif ? C'est ce que nous allons découvrir dans cette seconde partie ! Carte du Rio Santa-Cruz. In : Narratives , R. FitzRoy. Le 27 avril 1834, le lit du fleuve devient plus étroit. Le courant parvient à charrier des pierres roulantes, particulièrement dangereuses. Le halage devient une tâche pénible pour nos explorateurs. L'une des baleinières écope déjà de deux trois percés dans sa coque, et il a fallu la remonter sur le rivage pour réparer en urgence. Sur les falaises de basalte, les Condors nichent. Darwin tire un d...

[1833] Le mauvais temps contrarie les projets de Darwin

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Du 15 au 18 avril 1833, le HMS Beagle explore les golfes de San Mathias et de San José. Mais dès le 19 avril, le mauvais temps contrarie le projet de débarquer Darwin aux abord du Rio Negro. Notre jeune naturaliste devra donc attendre encore un peu avant d'étudier la géologie de la Pampa. La goélette louée aux îles Malouines continue pour sa part sa route vers Maldonado. Les deux Goélettes La Paz et La Liebre louées en septembre 1832 ne sont pas toujours pas au rendez-vous , mais un vaisseau de commerce croisé en route leur donne de bonnes nouvelles concernant la petite flottille. Réalisation : QGIS / OpenStreetMap / @Voyage_Darwin Le 20 avril 1833, le Beagle fait voile vers Maldonado. Les vents sont forts, et les vagues déferlent sur le brick-sloop. Et la météo ne s'annonce pas plus clémente les jours suivants ! A partir du dimanche 21 avril 1833, s'enchaînent 4 jours de vent fort et de temps orageux. Darwin rapporte à nouveau un phénomène de feu de Saint-Elme sur le...