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[1834] Au mouillage à Valparaiso

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Le 23 juillet 1834, le HMS Beagle est au mouillage à Valparaiso. Après des semaines de séjour en Patagonie, le climat méditerranéen en ensoleillé de la région leur semble particulièrement délicieux ! Depuis le mouillage, Darwin admire la ville. Construite au pied d'une chaîne de collines de 500 mètres de hauteur, elle est bordée de ravins rouge ocre et une vaste étendue d'herbe verte lui sert d'écrin. Les maisons basses blanchies à la chaux et aux toits de tuile ressortent vivement dans ce paysage campagnard. Au loin, surgissent les cimes enneigées des Andes et la silhouette du volcan de l'Aconcagua. Valparaiso , par Conrad Martens (1834). Aujourd'hui capitale régionale de plus de 2,3 millions d'habitants, Valparaiso est une mégalopole charge d'histoire. Appelée Valle paraíso en espagnol, aussi connue comme le Joyau du Pacifique ou encore la Petite San Francisco , son centre historique a été déclaré patrimoine culturel de l'humanité par l'Unesco ...

Le HMS Beagle expérimente l'échelle de Beaufort

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Entre les 25 et 29 juillet 1833, le HMS Beagle fait voile vers l'embouchure du Rio Negro, en Patagonie. La mer est agitée, et un coup de vent violent entraîne une forte houle qui entrave sa progression. Mais ces conditions dégradées n'entament en rien la détermination du Capitaine FitzRoy, qui souhaite cartographier les traîtres bancs de sable entravant la navigation dans ces eaux. Une fois au Rio Negro, l'équipage accueillera également à bord du Beagle leurs compagnons de La Liebre et de La Paz , leur mission secondaire s’achevant. Marine d'Ivan Konstantinovich Aivazovsky Le mauvais temps fit certainement tanguer plus que de raison le brick-sloop, au grand désarroi de Darwin ! Mais ce vent violent ravit certainement le Capitaine, qui eut là une occasion supplémentaire de remplir son devoir envers la Royal Navy ! En effet, parmi les missions du second voyage du HMS Beagle (1831-1836) le capitaine FitzRoy avait reçut un ordre qui devait changer à jamais la météoro...

[1834] Faire voile jusqu'à Valparaiso

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Du 13 au 23 juillet 1834, le HMS Beagle et l' Adventure voguent depuis l'île de Chiloé en direction de Valparaiso. Le trajet se déroule globalement bien, si ce n'est que les deux navires sont encalminés (immobilisés par l'absence de vent) au large de leur destination. Mais à quelque chose malheur est bon, puisque les navires sont nombreux dans les parages et l'équipage en profite pour se mettre à portée de voix avec deux d'entre eux. Une belle occasion de tuer le temps, tout en obtenant diverses informations après des semaines de solitude australe. A dix miles au large de Valparaiso, Darwin pêche avec sa narse une méduse, dont l'étonnante forme polyédrique à quatre crêtes principales l'étonne suffisamment pour qu'il en fasse une description dans ses Notes Zoologiques . Il s'agit de Bassia bassensis , une Hydrozoaire de l'ordre des Siphonophorae. Commune dès que les eaux Atlantiques et Pacifiques se réchauffent, elle se nourrit principalemen...

[1833] Préparer le départ vers la Patagonie

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 Le 8 juillet 1833, l'aventure reprend pour Darwin. «  Il y a quelques instants, j'ai été surpris d'entendre l'ordre : ''Passez les manœuvres courantes et enverguez les voiles''. Et maintenant, un peu avant minuit, nous avons levé l'ancre et nous sommes sous voiles  » Charles Darwin, Journal de Bord . Le HMS Beagle va effectuer plusieurs traversées dans le Rio de la Plata avant de mettre les voiles en direction du Sud. Le 9 juillet à 7 heures, le voilà de retour dans le port de Montevideo. Un paquebot a laissé une lettre pour Darwin, qui profite de l'occasion pour en prendre connaissance. Il en profite aussi pour faire quelques achats. Le lendemain, le mauvais temps l'empêche de retourner sur la terre ferme. Le tangage de leur mouillage lui est très désagréable. Mais cette escale n'est que de courte durée : «  Mon cœur s'est délecté lorsque j'entendis donner l'ordre de préparer des provisions pour 12 mois en vue de notre proc...

[1833] Les aventures maritimes de La Liebre et de La Paz

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Nous connaissons tous le récit du Second Voyage du HMS Beagle (1831 - 1836), sous le commandement du Capitaine FitzRoy (portrait ci-contre). Et ne nous mentons pas, nous le connaissons surtout en raison de son très célèbre passager, le jeune naturaliste Charles Darwin ! Mais savez-vous que le Capitaine s'offrit les services de cinq autres navires durant cette expédition ? Soyons plus précis, nous allons nous intéresser aujourd'hui au deux Goélettes que le Capitaine loua en septembre 1832, n'évoquerons que brièvement l'emprunt de la Goélette Constitución fin avril 1833, et laisserons de côté le récit de l' Adventure , qu'il acheta en février 1833, ainsi que celui bien plus tardif du schooner de 35 tonnes, lui aussi baptisé Constitución et qui fut utilisée en 1835 ! Comment, le HMS Beagle n'était pas le seul navire au cours de ce Second Voyage ? Hé bien oui, en effet. Nous avons déjà évoqué cela sur ce blog, mais il est grand temps de revenir plus en détail...

[1834] Les Oiseaux de Chiloé

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Durant son premier séjour sur l'île de Chiloé, en juillet 1834, Charles Darwin rapporta dans ses Notes Zoologiques différentes observations ornithologiques. Il captura également différents spécimens ; l'ensemble de ces données ayant été analysées par John Gould dans la Zoologie du voyage du H.M.S. Beagle . Le Tourco rougegorge ou Chucao ( Scelorchilus rubecula ), initialement décrit sous le nom binominal Pteroptochos rubecula , est un habitant des forêts humides du Chili central. Il a beau vaguement ressembler à un Rouge-gorge comme l'affirment alors les officiers du Beagle , ce passereau n'est un rien un Turdidé (pardon, désormais notre rouge-gorge familier est classé parmi les Muscicapidés), mais un Rhinocryptidé. Selon les superstitions locales, son chant peut amener la chance ou la malchance. Ayant deux chants différents, il suffit d'entendre l'un ou l'autre pour que la superstition fonctionne – ou non ! Clin d'œil au rival naturaliste de Darwin, l...

[1833] Un mois de juin à Maldonado

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Ce mois de juin 1833 fut relativement calme pour Darwin. «  Je suis devenu un véritable terrien  » note-t-il dans son Journal de Bord . En effet, durant ces semaines passées à terre, il ne s'occupe que de ses collections naturalistes tandis que le HMS Beagle et sa flottille d'exploration vaquent à leurs occupations cartographiques. Comme vous vous en doutez, cette oisiveté signifie surtout une effervescence zoologique pour notre jeune homme ! Et les entrées de son journal ne manquent pas de le souligner : «  comme d'habitude tranquillement occupé à collecter, le lendemain à arranger  » Charles Darwin, Journal de Bord . Oiseaux, insectes et reptiles sont son principal butin. Et le jeune homme se montre très satisfait de son travail : «  ma collection d'oiseaux et de quadrupèdes de l'endroit où nous sommes tend vers la perfection  » Charles Darwin, op. cit . Il n'hésite pas à embaucher, moyennant quelques pièces, les jeunes garçons de la vill...

[1834] Arrivée dans l’île de Chiloé

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Le 28 juin 1834 au début de la nuit, le HMS Beagle mouille dans le port de San Carlos, dans l'île de Chiloé. Après une courte escale au 15 juin devant l'île Hyatt, non loin de l'île Esmeralda, le Capitaine FitzRoy progresse le long des côtes patagons chiliennes. Idéalement, le commandant de l'expédition aurait souhaité poursuivre jusqu'à Coquimbo, bien plus au Nord. Mais de violents vents du Nord et une mer déchaînée contrarièrent ses plans, et l'obligèrent à trouver refuge dans la petite baie du port.  Dessin de la ville de San Carlos de Chiloé en 1829. In : Narratives , tome 1, Philip Parker Le 29 juin, après les obsèques du regretté M. Rowlett , Darwin débarque en ville. Inutile de chercher San Carlos sur une carte, vous ne la trouverez jamais. Et pour cause, la bourgade portuaire a été rebaptisée deux ans avant la visite de Darwin, sans que nos Britanniques n'en soient apparemment au courant. Et pour cause!Il s'agit de la seconde venue du HMS Bea...

[1834] Des funérailles en mer

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Le 27 juin 1834, le HMS Beagle approche du port de San Carlos (aujourd'hui Ancud), dans l'île de Chiloé. Mais en attendant cette nouvelle étape du Voyage, un drame vient assombrir l'humeur de l'équipage. M. Rowlett, officier Commissaire de bord du Beagle , vient de décéder. L'heure est au recueillement. Le Commissaire de bord est un membre d'équipage en charge de la gestion administrative d'un navire. Il peut s'agir d'un cuisinier ou d'un steward dans la marine marchande. Mais dans la Royal Navy jusqu'en 1852, il s'agissait d'un Officier en répondant directement au Capitaine. Mandaté par l'Amirauté britannique, le Commissaire de bord était responsable de l'approvisionnement en vivres et consommables. Au port, il supervisait les réparations et le réarmement du navire. Les fournitures et produits non-alimentaires (comme le tabac) étaient achetés par les marins auprès du Commissaire, constituant une petite économie de bord. S...

[1834] Entrée dans l'Océan Pacifique

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Le 8 juin 1834, le HMS Beagle et l' Adventure lèvent l'ancre et quittent définitivement Port-Famine. Le Capitaine FitzRoy fait voile désormais vers l'Océan Pacifique ! Pour cela, il a l'intention de quitter le Détroit de Magellan par le Canal Magdalena. Le passage n'a été découvert que très récemment, aussi les navires sont rares dans la région. Le Beagle devra progresser avec prudence, tout en cartographiant cette passe d'intérêt nautique majeur. Le vent se montre favorable, mais le brouillard est épais. Les nuages sombres et menaçants passent au-dessus de la Terre de Feu. "Mount Sarmiento, Tierra del Fuego, Showing Beagle". Conrad Martens, In : Narratives , tome 2, Robert FitzRoy (1839). Le soir même, le Beagle mouille à Cabo Turn, près du Mont Sarmiento. Caché derrière les nuages, le mont se révèle le lendemain matin pour le plus grand plaisir de l'équipage. «  Je suis incapable de décrire le plaisir que j'ai éprouvé à la vue de ces mas...

[1833] Le Champignon de Darwin

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Durant son séjour en Terre de Feu, Darwin eut occasion de s'intéresser aux écosystèmes forestiers de ces terres inhospitalières. Si leur botanique demeure assez pauvre, ces sombres forêts de Hêtres accueillent un remarquable champignon, dont Darwin nous fait l'éloge dans son Voyage d'un naturaliste autour du Monde  (Photo ci-contre : Cyttaria Darwinii in a tree in Tierra del Fuego / crédits : Alexander Klink, 2013). «  Il y a une production végétale qui mérite d'être signalée, à cause de son importance comme aliment. C'est un champignon globuleux, jaune clair, qui pousse en nombre considérable sur les hêtres  » Charles Darwin, op. cit . Comme l'explique Darwin, ce Champignon appartient bien à genre nouveau et curieux jamais encore décrit en ce début du XIXème siècle. Durant ses séjours en Terre de Feu, Darwin collecte différents spécimens, qu'il discerna avec raison en deux espèces différentes. Rapportant ce fait dans la première édition de son Voyage d...

[1834] Échauffourées avec les Fuégiens à Port-Famine

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Du 2 au 8 juin 1834, le HMS Beagle et l' Adventure mouillent à Port-Famine. Poursuivant leurs travaux de cartographie, les deux équipages œuvrent avec des conditions météorologiques déplorables. Heureusement pour leur moral, deux journées lumineuses leur offrent une vue magnifique sur les majestueux sommets de la Terre de Feu, et notamment le fameux Mont Sarmiento. Mais par deux fois, les Fuégiens manifestent également leur hostilité. Comme du matériel et des vêtements ont dû être déposés à terre pour faciliter le travail des équipes, le Capitaine FitzRoy estime qu'il faut défendre ces biens de tout pillage. L'expérience malheureuse de l'établissement d'une Mission en Terre de Feu quelques mois auparavant est encore bien présente dans son esprit. Aussi ordonne-t-il de tirer au canon pour les effrayer alors qu'ils apparaissent au loin. Lorsque le boulet éclabousse l'eau, les Fuégiens répondent avec rage en lançant des pierres à leur tour en direction du na...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (4/4)

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Il est temps pour Darwin et ses compagnons de rentrer à Maldonado ! Partis le 9 mai 1833, ils seront de retour dans la ville côtière onze jours plus tard. Comme nous l'avons vu dans les billets précédents, Darwin est accompagné par deux guides, Don Francisco Gonzales et son serviteur Morante. Le 18 mai 1833, ils ont a nouveau traversé Las Minas, petite bourgade autrefois minière à l'intérieur des terres. Ils se rendent chez Sebastian de Pimiento, un vieux caballero chez qui Darwin fut la coqueluche de ses filles  ! Après avoir gravi la Sierra de las Animas le 19 mai, il ne reste plus qu'à passer la nuit chez Don Francisco Pimiento, avant de partir le lendemain pour Maldonado. Le 20 mai 1833, les cavaliers sont au bout de leur périple. Dans son Journal de Bord , Darwin s'estime ravi de son escapade, aussi bien pour ses relevés géologiques que pour les rencontres des Gauchos qui y fit. Pendant ce temps, le HMS Beagle a déposé au 18 mai 1833 des ouvriers au port de Mal...

[1833] L'ascension de la Sierra de las Ánimas

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Le 19 mai 1833, Darwin entreprend l'ascension de la Sierra de las Animas. Cette colline de 501 m d'altitude qui surplombe la pampa uruguayenne alentours est un site géologique local majeur. Mais ce relief naturel est également chargé d'histoire et de légendes. Sierra de las Animas - Marcelo Campi (wikipedia) Levés tôt, Darwin et son guide local entament une randonnée qui va les mener jusqu'au somment de ce relief. S'il est imposant, il le doit surtout à la perspective par rapport pénéplaine environnante du craton de Rio de la Plata. Seulement voilà, géologiquement parlant, cette colline dénote aussi dans le paysage. En effet, la Sierra de las Ánimas est sillonnée de roches volcaniques intrusives, datant probablement du Protérozoïque et témoignant d'une intense activité volcanique passée : basaltes, trachytes, porphyres, rhyolites. De manière intéressante, les documents locaux disponibles en espagnol parlent aussi d'intrusions de syénite, qui n'est pas u...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (3/4)

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Les 12-13 mai 1833, Darwin et ses deux compagnons poursuivent leur excursion à cheval au départ de Las Minas par la traversée du Rio Marmaraga puis du Rio Tapes. Enfin, les trois cavaliers font étape dans une pulperia au nord du Rio Polanco. C'est le point le plus septentrional du périple, soit à 70 miles en ligne droite depuis Maldonado. Chemin faisant, les deux guides gauchos démontrent leur redoutable agilité en capturant à cheval des perdrix à l'aide d'un nœud coulant au bout d'un bâton ! La technique consiste à décrire des spirales autour de la perdrix, et la capturer quand elle s'accroupit pour se cacher. La méthode est plutôt efficace, puisqu'un jeune garçon suffisamment habile peut en capturer trente à quarante par jour ! Darwin, pour sa part, réalise des relevés géologiques de la région. Il y note des affleurements de roches en ardoises bleues et pâles, de marbres blancs et fins, et de gneiss imparfaits. Sans le savoir, il est en train de décrire des r...