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[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (4/4)

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Il est temps pour Darwin et ses compagnons de rentrer à Maldonado ! Partis le 9 mai 1833, ils seront de retour dans la ville côtière onze jours plus tard. Comme nous l'avons vu dans les billets précédents, Darwin est accompagné par deux guides, Don Francisco Gonzales et son serviteur Morante. Le 18 mai 1833, ils ont a nouveau traversé Las Minas, petite bourgade autrefois minière à l'intérieur des terres. Ils se rendent chez Sebastian de Pimiento, un vieux caballero chez qui Darwin fut la coqueluche de ses filles  ! Après avoir gravi la Sierra de las Animas le 19 mai, il ne reste plus qu'à passer la nuit chez Don Francisco Pimiento, avant de partir le lendemain pour Maldonado. Le 20 mai 1833, les cavaliers sont au bout de leur périple. Dans son Journal de Bord , Darwin s'estime ravi de son escapade, aussi bien pour ses relevés géologiques que pour les rencontres des Gauchos qui y fit. Pendant ce temps, le HMS Beagle a déposé au 18 mai 1833 des ouvriers au port de Mal...

[1833] L'ascension de la Sierra de las Ánimas

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Le 19 mai 1833, Darwin entreprend l'ascension de la Sierra de las Animas. Cette colline de 501 m d'altitude qui surplombe la pampa uruguayenne alentours est un site géologique local majeur. Mais ce relief naturel est également chargé d'histoire et de légendes. Sierra de las Animas - Marcelo Campi (wikipedia) Levés tôt, Darwin et son guide local entament une randonnée qui va les mener jusqu'au somment de ce relief. S'il est imposant, il le doit surtout à la perspective par rapport pénéplaine environnante du craton de Rio de la Plata. Seulement voilà, géologiquement parlant, cette colline dénote aussi dans le paysage. En effet, la Sierra de las Ánimas est sillonnée de roches volcaniques intrusives, datant probablement du Protérozoïque et témoignant d'une intense activité volcanique passée : basaltes, trachytes, porphyres, rhyolites. De manière intéressante, les documents locaux disponibles en espagnol parlent aussi d'intrusions de syénite, qui n'est pas u...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (3/4)

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Les 12-13 mai 1833, Darwin et ses deux compagnons poursuivent leur excursion à cheval au départ de Las Minas par la traversée du Rio Marmaraga puis du Rio Tapes. Enfin, les trois cavaliers font étape dans une pulperia au nord du Rio Polanco. C'est le point le plus septentrional du périple, soit à 70 miles en ligne droite depuis Maldonado. Chemin faisant, les deux guides gauchos démontrent leur redoutable agilité en capturant à cheval des perdrix à l'aide d'un nœud coulant au bout d'un bâton ! La technique consiste à décrire des spirales autour de la perdrix, et la capturer quand elle s'accroupit pour se cacher. La méthode est plutôt efficace, puisqu'un jeune garçon suffisamment habile peut en capturer trente à quarante par jour ! Darwin, pour sa part, réalise des relevés géologiques de la région. Il y note des affleurements de roches en ardoises bleues et pâles, de marbres blancs et fins, et de gneiss imparfaits. Sans le savoir, il est en train de décrire des r...

[1834] Navigation depuis l'estuaire du Rio Santa-Cruz jusqu'à Port-Famine

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Le 11 mai 1834, le HMS Beagle reprend la mer avant d'emprunter le détroit de Magellan. Le Capitaine FitzRoy souhaite vérifier l'existence du Rocher de l'Aigle, baptisé en français, et qui se dresserait entre les îles Malouines et l'entrée du Détroit de Magellan. Hélas, les recherches demeurent vaines. L'îlot rocheux fait partie de ces mythes maritimes, erreurs de cartographie ou mauvaises observations en mer que le Beagle contribua à débunker. Le mauvais temps est de la partie, et le 16 mai, Darwin soufre une fois de plus des affres du mal de mer . Le 21 mai, le Beagle louvoie autour de Cabo Virgenes, à l'entrée du Détroit de Magellan, pour y réaliser des sondages et rechercher à cartographier d'éventuels haut-fonds. Le lendemain, l'équipage aperçoit l' Adventure qui revient des Malouines. Les nouvelles sont très bonnes ; un navire de guerre est venu récupérer les prisonniers et il n'existe plus aucun risque de rébellion sur place. Les jour...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (2/4)

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Le 10 mai 1833, Darwin chevauche dans la pampa uruguayenne ! «  Cela paraît un vrai délice de chevaucher sur une telle étendue de gazon, mais je jure que je finis par me lasser tellement des sempiternelles vertes collines  » Charles Darwin, Journal de Bord . Comme vous le savez déjà, le jeune naturaliste est parti en randonnée équestre avec deux guides locaux, Don Francisco Gonzales et son serviteur Morante. Du 9 au 10 mai 1833, ils chevauchent à travers l'arrière-pays de Maldonado. Les trois compagnons atteignent Las Minas le soir du 10 mai, petite bourgade construite selon le même plan de rues symétriques, perpendiculaires et parallèles entre-elles, que les autres anciennes colonies espagnoles de la région. Las Minas, désormais connue sous le nom de Minas, fut fondée par Rafael Pérez del Puerto en 1783, quand un nombre important d'émigrants de régions des Asturies et de la Galice vinrent s'installer en Uruguay. Son nom d'origine était Villa de la Concepción de las Mi...

[1833] Une expédition dans la pampa uruguayenne (1/4)

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Le 9 mai 1833, Darwin débute son périple dans l'arrière pays de Maldonado avec ses deux guides gauchos ! «  Comme il faisait beau, j'ai persuadé mes deux guides & compagnons de nous mettre en route  » Charles Darwin, Journal de Bord . Les noms de ses compagnons de voyage sont Don Francisco Gonzales et Morante, un des serviteurs du premier nommé. Bien armés et accompagnés d'un troupeau de chevaux frais, voilà que Darwin se transforme en vrai Gaucho ! L'escapade va lui coûter pour12 jours d'excursion un total de 16 dollars. Un prix raisonnable selon Darwin. Mais il ne comprend guère au départ de Montevideo pourquoi ses guides sont armés. Sans doute prend-il trop à la légère la situation sociale chaotique alors que s'achève en Amérique du Sud trente années de combat des Libertadors pour l'indépendance des colonies hispaniques ! Mais en chemin, il va comprendre rapidement l'intérêt de ces armes, lorsque des habitants leur indique qu'un voyageur a ét...

[1833] Un débarquement contrarié jusque dans le Rio de la Plata

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Le mauvais temps n'a de cesse de se jouer des projets de Darwin en ce mois d'avril 1833 ! Les vents, assez forts, empêchent de débarquer le naturaliste de débarquer au Rio Negro. Les nouvelles des petites Goélettes tardent à venir, et le capitaine FitzRoy sillonne la côte à leur rencontre, en vain. Lors des rares occasions de Darwin d'observer la géologie locale, il n'en reste pas moins frustré par la diversité de coquillages fossiles accumulés le long des côtes. Ce fut le cas de la courte expédition terrestre du 17 avril 1833, dans la baie de San Matias. La navigation reste difficile, et le vent capricieux oblige le capitaine FitzRoy à détourner son cap de Maldonado vers Montevideo. Soit un décalage de 111 km en ligne droite vers l'Ouest. Sur cette nouvelle route maritime, les vents et les orages sont assez forts. Le soir à l'embouchure de la Plata, il y a beaucoup d’éclairs. Le feu de Saint-Elme fait à nouveau briller le sommet des mats (le cacatois, plus hau...

[1834] Récit d'une excursion sur le Rio Santa Cruz (2/2)

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Poursuivons le récit de l'expédition fluviale entreprise par une partie de l'équipage du HMS Beagle le long du Rio Santa-Cruz en avril-mai 1834. Dans un précédent article , nous avions débuté notre chronique par une présentation de ce fleuve argentin. Le Capitaine FitzRoy s'est donné pour objectif de découvrir les sources de ce Rio, traversant de larges territoires de Patagonie jusqu'à présent Terra Incognita . Mais parvint-il à atteindre son objectif ? C'est ce que nous allons découvrir dans cette seconde partie ! Carte du Rio Santa-Cruz. In : Narratives , R. FitzRoy. Le 27 avril 1834, le lit du fleuve devient plus étroit. Le courant parvient à charrier des pierres roulantes, particulièrement dangereuses. Le halage devient une tâche pénible pour nos explorateurs. L'une des baleinières écope déjà de deux trois percés dans sa coque, et il a fallu la remonter sur le rivage pour réparer en urgence. Sur les falaises de basalte, les Condors nichent. Darwin tire un d...

[1833] Le mauvais temps contrarie les projets de Darwin

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Du 15 au 18 avril 1833, le HMS Beagle explore les golfes de San Mathias et de San José. Mais dès le 19 avril, le mauvais temps contrarie le projet de débarquer Darwin aux abord du Rio Negro. Notre jeune naturaliste devra donc attendre encore un peu avant d'étudier la géologie de la Pampa. La goélette louée aux îles Malouines continue pour sa part sa route vers Maldonado. Les deux Goélettes La Paz et La Liebre louées en septembre 1832 ne sont pas toujours pas au rendez-vous , mais un vaisseau de commerce croisé en route leur donne de bonnes nouvelles concernant la petite flottille. Réalisation : QGIS / OpenStreetMap / @Voyage_Darwin Le 20 avril 1833, le Beagle fait voile vers Maldonado. Les vents sont forts, et les vagues déferlent sur le brick-sloop. Et la météo ne s'annonce pas plus clémente les jours suivants ! A partir du dimanche 21 avril 1833, s'enchaînent 4 jours de vent fort et de temps orageux. Darwin rapporte à nouveau un phénomène de feu de Saint-Elme sur le...

[1834] Récit d'une excursion sur le Rio Santa Cruz (1/2)

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Du 18 avril au 4 mai 1834, trois baleinières sous les ordres du Capitaine FitzRoy remontent explorer le fleuve Santa Cruz. Cette expédition, limitée dans le temps par les impératifs de missions du HMS Beagle , va s'enfoncer littéralement en Terra incognita . En effet, le cours de ce fleuve de Patagonie est très mal connu en ce début du XIXème siècle. La plus récente expédition datant du premier voyage du Beagle  ! Le Capitaine Stokes avait alors progressé de 55 km sur le fleuve, avant que le manque de provisions ne le force à rebrousser chemin. Le Capitaine FitzRoy fera-t-il mieux ? Le Rio Santa-Cruz traverse la Patagonie argentine sur 477 km pour un bassin versant d'une superficie de 28 056 km². Il prend sa source dans la cordillère des Andes. De régime nivo-pluvial, il est alimenté par deux immenses lacs glaciaires, les lacs Viedma et Argentino. Il s'agit d'un des derniers grands fleuves à écoulement libre de Patagonie, et représente un joyau naturel inestimable. Sa ...

[1834] Le HMS Beagle échoué pour carénage

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Comment réparer une avarie alors que vous naviguez au large de la Patagonie ? La question peut sembler saugrenue de nos jours, alors que les côtes argentines et chiliennes abritent diverses installations portuaires. Mais en ce début de XIXème siècle, la plupart des établissements contemporains n'étaient même pas encore fondés ! En conséquence, n'espérez pas profiter d'un port pour mettre en cale sèche votre navire ! Il vous faut improviser, non sans dangers, en échouant volontairement votre navire sur une grève à marée basse. Un projet insensé, me direz-vous ? C'est pourtant l'exploit que réalisa l'équipage du HMS Beagle en avril 1834 ! Gravure de C. Martens. In :  Narratives , FitzRoy (1839). Mais revenons aux faits. Pourquoi vouloir examiner la coque du brick-sloop en cale sèche ? Parce que l e bâtiment a heurté un récif en début d'année  : «  En quittant Port Désiré, le Beagle heurta violemment son pied avant contre un rocher, ce qui le...

[1834] Arrivée à Santa-Cruz

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Du 7 au 13 avril 1834, le HMS Beagle fait voile depuis les Malouines Orientales jusqu'à l'estuaire du fleuve Santa-Cruz, en Patagonie. Les vents d'Ouest ininterrompus ont fortement contrarié la traversée, et une mauvaise surprise pour l'équipage : la carène semble abîmée. Il va falloir échouer le brick-sloop afin de constater les dégâts ! Voici un épisode sur lequel nous ne manquerons pas de donner la parole au Capitaine FitzRoy ! Une fois sur place et en attendant que les réparations s'achève, Darwin va parcourir les alentours. Rien de remarquable à signaler en matière de faune et de flore pour le moment, les écosystèmes demeurent très semblables aux précédentes excursions de Darwin en Patagonie. Cependant dès le 18 avril, une partie de l'équipage remontera le cours du fleuve afin d'en explorer les rivages. Et bien entendu, Darwin sera du voyage !

[1833] Des îles Malouines jusqu'au Rio Negro

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Du 4 au 13 avril 1833, le HMS Beagle quitte les îles Malouines pour l'estuaire du Rio Negro, en Argentine. Il est grand temps de rattraper La Paz et La Liebre , les deux navires loués par le capitaine FitzRoy pour épauler le Beagle dans sa mission cartographique. Le départ a été retardé par l'achat de la Goélette du capitaine Lowe . Il fallait réarmer ce navire de 170 tonneaux, d'un tirant d'eau de 3 mètres et selon l'expression de Darwin,  «  tenant bien la mer   » . Pendant ce temps, Darwin est fort occupé avec la zoologie marine de l'estran des Malouines :  « Pour un naturaliste, les trésors des profondeurs sont vraiment inépuisables   » Charles Darwin, Journal de Bord . Le 6 avril 1833, après avoir croisé l'embouchure du détroit menant à Port-Louis, le Beagle gagne la haute mer. Le vent est propice à la traversée, mais le périple rendu difficile par les conditions météorologiques inconfortables. Au 9 avril, la situation s'améliore cependant alors q...

[1833] Zoologie marine sur l'estran des îles Malouines

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Le HMS Beagle est en route pour le Rio Negro depuis le 4 avril 1833 ! Mais peu avant le départ, Darwin fut très occupé durant sa traversée par l'examen des échantillons zoologiques marins collectés sur l'estran des îles Malouines. En voici un rapide inventaire à la Prévert : - Des Balanes tout d'abord, de l'espèce Notochthamalus scabrosus . Ce sont des Crustacés marins fixés à leur support, et non des coquillages comme le supposent souvent les vacanciers au bord de la mer ! Notochthamalus scabrosus - iNaturalist Ecuador - Des Hydrozoaires comme Obelia geniculata , ces créatures étranges en forme buissonnante sont bien des Animaux, pour être précis des Cnidaires de l'ordre des Hydroida. Obelia geniculata - Des Bryozoaires ou Ectoproctes, de curieux animaux coloniaux et sessiles comme la Dentelle de Venus ci-contre. On peut les retrouver d'ailleurs accrochées à des coquillages, comme sur des balanes et une moule, formant un tapis de Bryozoaires Conopeum reticulu...

[1834] Les canards nageurs des Falkland

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Alors qu'il parcourt les îles Malouines, Darwin croise une espèce d'Anatidés qui avait attiré son attention lors de son escale en Terre de Feu, en décembre 1832. Courant mars 1834, il observe pour la seconde fois ces curieux canards incapables de voler, les Brassemers cendrés ( Tachyeres pteneres ). «  On trouve en abondance, dans ces îles, un grand canard lourdaud ( Anas brachyptera ) qui pèse quelques fois 22 livres. Autrefois on avait donné à ces oiseaux, en raison de la façon extraordinaire dont ils se servent de leurs ailes pour ramener sur l'eau, le nom de chevaux de course  ; aujourd'hui, et à plus juste titre, on les appelle les bateaux à vapeur . Leurs ailes sont trop petites et trop faibles pour leur permettre de voler, mais ils s'en servent en partie pour nager, en partie pour frapper l'eau, et arrivent ainsi à se mouvoir très rapidement  » Charles Darwin, Voyage d'un naturaliste autour du monde . Brassemer cendré ( Tachyeres pteneres ) - eBird ...