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[1833] De Buenos-Aires à Santa Fe

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 Le 27 septembre 1833, Darwin se met en route en direction de Santa Fe, à 380 km de destination aux abords du Rio Paran á . Darwin voyage d'abord avec une caravane de chariots à bœufs. Mais les routes sont tellement défoncées par la saison des pluies que la progression est lente et les bêtes exténuées. Le 28 septembre, la caravane arrive à Luján, distante de 60 km du centre de Buenos-Aires. Les estancias se font plus rares dans cette région. Les prairies sont envahies par une espèce de chardon, qui forme une vaste étendue de fourrés verts clairs. Darwin rapporte que ces chardons géants de la pampa ont rapidement proliféré alors que les premiers colons occupaient la côte. Selon ses explications, ils auraient profité des lâchers de chevaux espagnols, à l'origine des chevaux sauvages du pays. Leurs innombrables déjections équines, ainsi que la pression de surpâturage, ont radicalement transformé les écosystèmes prairiaux au profit de cette espèce de chardon. Il s'agit donc d...

[1832] Darwin découvre le site fossilifère de Punta Alta

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Le 22 septembre 1832 est un date majeure dans le récit du Voyage de Darwin à bord du HMS Beagle . Si elle n'est pas aussi célèbre que son arrivée dans l'archipel des Galapagos, cette journée de printemps dans l'hémisphère Sud allait toutefois marquer une étape importante dans le développement de sa théorie de l'évolution. Mais intéressons-nous aux événements. Alors que Darwin, le Capitaine FitzRoy et le Lieutenant Sulivan cabotent avec une baleinière dans la baie de Bahia Blanca, les falaises claires de sable quartzique attirent l'attention du jeune naturaliste. Le capitaine accepte de débarquer sur le rivage et Darwin fouille le sable. Son instinct de naturaliste a vu juste : dans la roche sédimentaire émergent d'imposants fossiles. Les falaises de Punta Alta. Darwin in Argentina. Revista de la Asociación Geológica Argentina 64, 1 (2009), p. 1-180. Ces premiers fossiles de Mammifères et de Coquillages déterrés dans les basses falaises de Punta Alta motivent g...

[1832] Les Cerfs de la Pampa

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Durant le mois de septembre 1832 alors que le HMS Beagle se ravitaille en eau douce et en vivres dans la baie de Bahia Blanca, Darwin décroche son fusil et enchaîne les partie de chasse. Qu'il soit seul, accompagné du Lieutenant Wickham ou encore escorté par des Gauchos, Darwin renoue avec sa vieille passion de jeunesse. «  Je passe le mois de septembre en Patagonie à peu près comme je le ferais en Angleterre, c'est à dire à la chasse. Ici cependant il y a en plus la satisfaction de savoir que l'on procure de nouvelles provisions pour tous les hommes de bord  » Charles Darwin, Journal de Bord . Sur son tableau de chasse du 12 septembre, figurent deux beaux cerfs. Il n'est cependant pas au bout de ses surprises lorsque le valet du Capitaine qui les accompagne lui et Wickham abat trois autres Cervidés ! Mais de quelle espèce s'agit-il ? Dans les brochures cynégétiques modernes, les séjours de chasse dans la Pampa nous promettent de beaux tableaux de Cerfs élaphes. C...

[1833] De Bahia Blanca à Buenos Aires

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Du 8 au 20 septembre 1833, Darwin entreprend un second périple argentin à cheval. La distance est cette fois-ci de 644 km à travers la Pampa. Son guide lui ayant fait faux bond, Darwin eut toutes les peines du monde à en trouver un nouveau. Il lui fallut même pour cela obtenir l'aide écrite du général Rosas ! En chemin, il pourra toutefois compter sur le soutien des soldats en garnison dans les postes-relais. Un net avantage, qui lui permettra de se passer de guide si jamais ce dernier lui fait encore faux bond. Désormais escorté et en possession d'un bon pour emprunter des chevaux durant son périple, Darwin peut enfin se mettre en route. Itinéraire de Darwin dans la pampa argentine ( Zárate & Folguera, 2009 ).  Le premier jour, lui et son guide quittent la plaine de Bahia Blanca pour se diriger vers le le Rio Sauce. Changement de chevaux à un premier poste-relais, puis poursuite de la cavalcade. Le fleuve a un débit si rapide au printemps grâce à la fonte des neiges. Il ...

[1832] L'arrivée du HMS Beagle à Bahia Blanca

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Le 7 septembre 1832, une petite délégation du HMS Beagle part en canot jusqu'à Bahia Blanca. Si le brick-sloop a atteint la baie éponyme le 5 septembre, la tentative infructueuse du 6 septembre de tracer sa route à travers le dédale de bancs de sables incita le Capitaine FitzRoy à prudemment mouiller dans une petite baie abritée. Fort heureusement, le Capitaine fit la rencontre de M. Harris, Capitaine d'une Goélette de phoquiers, qui accepta de les conduire jusqu'en ville à bord d'un canot. L'expédition se limite donc à un seul canot, sans préciser pour le moment laquelle des embarcations du HMS Beagle servit au transport. Trois hommes seulement sont cités : le Capitaine FitzRoy, le pilote (M. Harris) et Charles Darwin. Il y avait assurément des matelots pour manœuvrer l'embarcation, auxquels Darwin fait vaguement allusion dans son Journal de Bord . Toujours est-il qu'après une éprouvante journée de navigation, le canot arriva dans une crique située à 6 k...

[1832] De bien curieuses crevettes prises dans la nasse

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Le 4 septembre 1832, le brouillard perturbe la navigation et le HMS Beagle avance prudemment en direction de Bahia Blanca. Si tout travail de cartographie est ajourné, Darwin quant a lui n'est pas au chômage. Pour tromper l'inconfort de cet incessant roulis, il consacre ses journées à pêcher à la nasse quelques Invertébrés pélagiques. Les prises de ses coups de filet l'intriguent fort. Il remplit de nombreuses pages de ses carnets de zoologie des descriptions de ces organismes marins. Mais plus précisément, deux spécimens de crevettes vont retenir son attention. Ces deux exemples tirés de ses Notes Zoologique s nous sont d'autant plus instructifs qu'ils nous renseignent sur la méthode suivie par Darwin pour identifier ses prises, et même proposer de nouvelles hypothèses susceptibles d'enrichir les connaissances de son époque. Première observation marquante, Darwin décrit longuement un spécimen larvaire de crevette-mante, nom vernaculaire désignant l'Ordre...

[1832] Une confusion zoologique marine

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Aussi observateur et consciencieux que fut Darwin au cours de son voyage à bord du Beagle , il n'en était pas moins limité par les connaissances zoologiques de son époque. Aussi notre jeune géologue, malgré son enthousiasme qui le poussait à approfondir continuellement ses connaissances zoologiques en se confrontant au terrain, prenait le risque de commettre quelques erreurs d'identification dans ses Notes Zoologiques . Ce fut probablement le cas pour ces fameux Tuniciers pêchés au large des côtes argentines entre les mois d'août et de septembre 1832. Nous sommes le 30 août 1832. Darwin capture à l'aide de sa nasse de bien curieux Invertébrés qu'il identifie comme appartenant au genre Biphora sp . (genre actuellement refusé, car synonyme de Salpa sp .). Il s'agit selon lui de Tuniciers, de la classe des Thaliacea. Les jours suivants, il capture toujours en pêchant à la nasse de nouveaux spécimens qu'il décrit abondamment. Mais les observations qu'il dét...

Leonard Jenyns, le naturaliste qui aurait dû embarquer sur le Beagle à la place de Darwin

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Le 26 août 1832, alors que le temps se dégrade, les officiers doivent reporter leurs relevés cartographiques. Le fond rocheux est poissonneux, aussi l'équipage se livre à une partie de pêche improvisée. Darwin conserve quelques quelques spécimens dans l'alcool et les décrit gastronomiquement dans ses Notes Zoologiques . Nous apprenons ainsi que le Percophis Brasilianus - Percophis du Brésil ou poisson "tête plate" brésilien – est un met de choix au menu de l'équipage. «  Une fois cuisiné, très bon  » précise Darwin. Acanthistius patachonicus et ses rayures sombres sur écailles cuivrées « é tait difficile à manger, mais bon goût  » juge-t-il encore. Et ainsi de suite pour les spécimens pêchés ce jour-ci. Mais pour autant, les noms d'espèces rajoutés en commentaires de l'édition moderne des Notes Zoologiques ne furent pas déterminés par Darwin lui-même. Devant la profusion de spécimens rapportés de son expédition, le jeune naturaliste ne pouvait s'im...

[1832] De Montevideo à Bahia Blanca

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Du 19 août au 7 septembre 1832, le HMS Beagle quitte Montevideo en direction de Bahia Blanca, aux portes de la Patagonie. La sortie de la Baie de Montevideo est agitée, une forte brise de Nord-Ouest dévie légèrement le cours des eaux. Résultat au matin, il n'y a que 4 mètres de fond sous la poupe du navire ! Même si le HMS Beagle doit quitter Montevideo dans la journée, il doit changer de mouillage s'il ne veut pas risquer de s'envaser. Mais alors que l'ancre est levée, les vents font dériver le brick-sloop vers une épave ! Grâce à la rigueur des manœuvres de la Royal Navy , le navire évite de peu la collision. «  Adios, barco inglés, adios  » lancent les marins uruguayens depuis le port. Mais la discipline de la marine anglaise brille une fois de plus par sa compétence. Le HMS Beagle évite le naufrage et louvoie pour quitter la baie. Le temps de rejoindre un paquebot anglais pour transférer courriers et paquets, et le Beagle met les voiles. Au soir, une bonne b...

[1832] Une chasse au Capybara

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Désormais que la situation politique s'est pacifiée à Montevideo, Darwin peut entreprendre librement ses randonnées naturalistes dans la campagne environnante. Retournant au Cerro de Montevideo, il entreprend de tirer un Capybara. Ces gros Rongeurs de l'ordre des Rodentia sont des Mammifères semi-aquatiques qui vivent uniquement en Amérique du Sud. Nous laisserons de côté les individus importés au Japon comme animaux d'agrément. Considéré dès les premiers colons espagnols et portugais comme une très bonne source de viande, le Capybara est couramment chassé et sa domestication a même permis le développement de quelques élevages modernes. Capybara, gravure anonyme de 1880. Quant à Darwin, il a bien du mal à abattre sa proie ! «  Après une longue poursuite animée dans une petite baie, je réussis à lui tirer une balle dans la tête  ». Charles Darwin, Journal de Bord . Sa prise est une femelle de 45 kg, mesurant 57 cm au garrot. C'est un spécimen fort respectable, puisque le...