[1836] Retour à Salvador de Bahia
Il est aisé d'imaginer la joie du jeune Darwin, lorsque rembarquant à bord du brick-sloop après son escale à l'île de l'Ascension, il apprend que le HMS Beagle met le cap sur le Brésil ! Lui qui fut subjugué par la beauté des forêts tropicales, il n'aurait pas rêvé meilleure escale avant de regagner l'Europe ! Le 1er août, le navire jette l'ancre dans la Baie de Tous les Saints. Mais l’attrait initial s'est estompé, et l'effet de nouveauté a passé au fil des années écoulées du voyage. Une légère déception gâte ces retrouvailles brésiliennes, sans pour autant rompre définitivement le charme. Darwin reste toujours aussi séduit par les luxuriantes forêts tropicales. Les premiers jours demeurent empreints de ravissement, mais se teintent déjà de nostalgie : « Durant ma dernière promenade, je ne cessai de m'arrêter pour contempler toutes ces beautés et essayer de fixer à jamais dans mon esprit des impressions qui, je le savais à l'époque, allaient nécessairement perdre tôt ou tard leur éclat » Charles Darwin, Journal de Bord.
Visitant la ville de Recife (alors baptisée Pernambuco – Pernambouc en Français), Darwin n'est guère séduit par ses rues qu'il juge répugnantes, ses habitants grossiers et ses maisons lugubres. Dans la campagne environnante, il se heurte à l'hostilité des résidents les plus fortunés dès lors qu'il demande la permission toute « britannique » de traverser leurs ''gardens''. Mais pour ces riches brésiliens, nul étranger n'arpente leur ''jardim'' ! Et notre gentleman naturaliste ne peut guère entreprendre ses longues promenades comme espéré. Dans les affleurements rocheux des récifs de la baie, Darwin prospecte quelques algues rouges. Il ne fera guère plus durant cette escale, la lassitude a eu raison de son engouement tropical. Le 17 août, le HMS Beagle met le cap vers l'Europe. « Nous naviguons au plus près du vent, ce qui entraîne un violent tangage. Je souffre beaucoup du mal de mer, mais c'est sur la route de l'Angleterre » Charles Darwin, Journal de Bord. Le 21 août 1836, il franchit à nouveau l’Équateur.
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| Le port de Recife, au XIXème siècle |

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